Dans le combat contre le paludisme, maladie parasitaire transmise par les moustiques Anophèles, le Lariam s’impose comme un remède préventif efficace, mais controversé. Depuis que le chanteur Stromae a révélé souffrir de graves effets secondaires liés à la méfloquine, principe actif du Lariam, ce médicament n’a cessé de faire parler de lui. Maladie redoutée qui a touché 263 millions de personnes en 2023, principalement en Afrique subsaharienne, le paludisme nécessite des mesures préventives rigoureuses. Au-delà des gestes pour éviter les piqûres, la chimioprophylaxie, dont le Lariam fait partie, reste une arme majeure. Toutefois, en raison de risques neuropsychiatriques, il doit être prescrit avec prudence, en tenant compte des alternatives comme la doxycycline ou le Malarone. Cette analyse détaillée vous guide à travers les enjeux et précautions liés à l’usage du Lariam, pour choisir en toute connaissance de cause.
Le rôle du Lariam dans la prévention du paludisme et ses alternatives prometteuses
Le Lariam, qui contient de la méfloquine, est un médicament antipaludique utilisé en prophylaxie pour empêcher l’apparition de la maladie. Ce traitement n’élimine pas le risque d’infection mais limite la manifestation clinique en bloquant la multiplication du parasite dans le sang. Le paludisme reste une menace importante, en particulier en Afrique où 94 % des cas et 95 % des décès ont été constatés récemment. Il s’agit souvent de voyageurs revenant de ces zones à risque qui nécessitent une protection efficace.
Il est impératif de noter que le Lariam ne doit être envisagé qu’en dernière intention. Selon l’ANSM, il convient de favoriser des alternatives mieux tolérées comme la doxycycline ou l’association atovaquone-proguanil contenue dans Malarone. Ces options offrent un profil d’effets secondaires plus acceptable pour un grand nombre de patients, y compris les femmes enceintes ou les enfants dans certains cas.
Comparatif des traitements prophylactiques contre le paludisme
| Médicament | Principe actif | Fréquence de prise | Indication principale | Principaux effets secondaires |
|---|---|---|---|---|
| Lariam | Méfloquine | 1 comprimé par semaine | Zones à risque élevé | Effets neuropsychiatriques, nausées |
| Malarone | Atovaquone-proguanil | Prise quotidienne | Zones à risque modéré à élevé | Troubles digestifs, maux de tête |
| Doxycycline | Doxycycline | Prise quotidienne | Alternative au Lariam, zones à risque | Sensibilité au soleil, troubles digestifs |
Les risques et contre-indications à considérer avant de choisir le Lariam
Malgré son efficacité, le Lariam suscite une vigilance particulière en raison de ses effets secondaires neuropsychiatriques graves. Les troubles tels que dépression, hallucinations, crises d’angoisse sont parfois déclenchés, pouvant survenir même plusieurs mois après la prise. Ces risques ont poussé nombre de médecins à recommander ce traitement uniquement lorsque le bénéfice espéré justifie ce risque.
Les contre-indications sont strictes : les personnes avec des antécédents cardiaques, neurologiques ou psychiatriques (psychose, schizophrénie, dépression sévère) doivent impérativement éviter le Lariam. De même, ce médicament est déconseillé aux sportifs pratiquant la plongée ou l’alpinisme en raison d’effets indésirables possibles sur l’équilibre et le système nerveux. Dans ces cas, la prescription portera sur des options comme la doxycycline ou Malarone.
Tableau des contre-indications majeures du Lariam
| Condition médicale | Contre-indication au Lariam | Traitements alternatifs recommandés |
|---|---|---|
| Antécédents psychiatriques graves | Oui | Malarone, Doxycycline |
| Maladies cardiaques | Oui | Malarone |
| Pratique régulière de plongée ou alpinisme | Oui | Doxycycline, Malarone |
La posologie et le suivi médical indispensables pour un traitement sûr avec le Lariam
Pour maximiser la sécurité, la première prise de Lariam doit se faire environ dix jours avant le départ, ce qui permet d’observer l’émergence d’éventuels effets indésirables. La prise se poursuit ensuite pendant tout le séjour à raison d’un comprimé hebdomadaire et au minimum trois semaines après le retour. Cette rigueur dans la posologie est indispensable pour assurer une protection efficace et éviter les complications liées au traitement.
En raison de ces spécificités, il est crucial de consulter un médecin avant de débuter le traitement et d’expliquer tout antécédent médical. Par ailleurs, ce médicament n’est pas remboursé par la Sécurité sociale, sauf pour les résidents de Guyane, qui traversent fréquemment des zones à haut risque. Le coût reste conséquent, environ 30 € pour une boîte de 8 comprimés, soit deux mois de traitement.

